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Vendredi 13 mai 5 13 /05 /Mai 16:18

Madame, Mesdames et Messieurs,

Il est des hommes illustres pour avoir incarné la douleur ou la gloire d'une époque. Il en est d'autres dont la grandeur est d'avoir su anticiper sur leur temps, en y semant les germes du futur. René CASSIN est de ceux là.

L'hommage rendu aux premiers nous confronte à l'histoire, le message des seconds annonce l'avenir. Il est juste que la communauté nationale se rassemble, comme elle le fait ici ce soir, pour célébrer et les uns et les autres, nos légendes du siècle et nos vivantes leçons.

Il y a cent ans jour pour jour naissait celui qui devait attacher son nom à la déclaration universelle des droits de l'homme, présider la Cour Européenne des Droits de l'Homme et se voir décerner le Prix Nobel de la Paix.

En transférant aujourd'hui ses cendres dans le sanctuaire de notre mémoire collective, la France n'accomplit pas seulement une oeuvre de piété, elle s'interroge sur ce qu'il est permis aujourd'hui d'espérer pour demain, et plus encore sur ce qu'il lui reste à faire pour prolonger la voie ouverte par René CASSIN, professeur d'espoir.

Il faut souvent du temps pour que les hommes de patience et de prémonition acquièrent leur stature, aux yeux de la postérité. Et pourtant une dizaine d'années auront suffi pour que René CASSIN, mort en 1976, occupe sa juste place.

La raison en est simple. Si son oeuvre et son nom prennent à si brève distance une valeur de symbole, c'est que de son vivant, déjà cette dimension lui était reconnue. Le professeur René CASSIN, homme de doctrine engagé dans l'action au service d'une idée, n'aura pas quitté pendant sa longue vie les premières lignes du combat pour le droit.

Nous connaissons tous les hautes fonctions officielles assumées par René CASSIN, dans la dernière fraction de son âge. Président de l'alliance Israélite Universelle en 1943, vice Président du Conseil d'état de 1944 à 1960, Président de la Commission des droits de l'Homme des Nations Unies de 1955 à 1956, Membre du Conseil constitutionnel dès 1960, Président de l'Académie des sciences morales et politiques en 1962. J'arrête ici cette liste, elle ne suffit pas à dire l'essentiel de ce que fut celui qui choisit d'intituler ses souvenirs « les hommes partis de rien ».

René CASSIN naquit à Bayonne, le 5 octobre 1887, d'une longue lignée de juifs français. Il aimait à se désigner lui même comme « l'homme des trois frontières ». L'Allemagne, par son arrière grand père maternel, Samuel DREYFUS, originaire d'Alsace, l'Espagnole puisque né à Bayonne, l'Italienne car Nice fut le berceau de sa famille paternelle, et c'est là qu'il fit ses premières études. Il avait sept ans quand le capitaine DREYFUS fut déporté à l'Ile du Diable, cette « cruelle offense ». Enfance sereine malgré tout, enfance studieuse. En 1914 il devint Docteur en droit et se prépara tout naturellement à l'agrégation.

Juillet 1914 va tout bouleverser. Le voilà qui monte à Paris. A peine descendu du train, le 31 de ce mois, avec son camarade d'étude, Paul RAMADIER, avocat et journaliste à « l'Humanité » qu'avait fondé JAURES dix ans plus tôt, il remonte la rue Montmartre, quand les cris « on l'a tué, on l'a tué » les surprennent en chemin. Oui, on avait tué JAURES. Le lendemain, mobilisation générale, le 2 août il est incorporé, le 12 octobre de la même année, en pleine bataille de la Meuse, le caporal René CASSIN est éventré par une balle explosive et cependant sauvé.

L'homme de paix a découvert l'état de guerre. Le professeur va devenir un militant. De ce moment date la coïncidence d'un destin et d'une vocation. Il importe de le rappeler. Le serviteur de la paix et du droit a été un serviteur de son pays. Décoré de la croix de guerre ainsi que de la médaille militaire avec citation à l'ordre de l'Armée ; cet internationaliste convaincu fut et restera un patriote intransigeant, ce champion de la paix a vu et reverra la guerre de près.
Comment ne pas penser, devant des exemples comme le sien, à la célèbre phrase de JAURES, quitte à l'inverser, « Un peu de patriotisme éloigne de l'internationalisme, mais beaucoup y conduit ».

Démobilisé, René CASSIN ne se désengage pas. Poursuivant son enseignement, il se fixe pour tâche de « donner droit » à réparation aux mutilés, veuves et orphelins de guerre. C'est ainsi qu'il fut, au sortir de la guerre, l'un des fondateurs de l'Union Fédérale des Anciens Combattants. D'une association de camarades, désireux de guérir des souffrances, il construira avec eux une fédération morale des esprits, à l'intérieur et par delà les frontières, sur le thème : « réparer le passé, préparer l'avenir ».

Dès 1920, René CASSIN a l'idée qui n'est paradoxale qu'en apparence de mettre les victimes de guerre des deux camps au service de l'organisation de la paix. Il s'efforce de donner un caractère universel à l'Union des Anciens Combattants. Il tourne naturellement les yeux vers Genève, siège de la nouvelle Société des Nations, où la résolution pacifique des conflits et l'organisation rationnelle de la vie internationale sont mises au banc d’essai. Il y représentera la France jusqu’en 1938 aux côtés d’Herriot, de Briand, de Paul-Boncour, de bien d’autres encore. Mais la haine de la haine ne suffit pas, on ne guérit pas de la guerre avec des exorcismes. René Cassin, nommé délégué de la France à la Société des Nations, veillera à doubler la prédiction humanitaire d’une solide technique juridique sans quoi l’exigence ne peut déboucher sur une solidarité authentique.

Le droit international s’était jusqu’alors attaché à organiser la société des Etats. René Cassin fait partie de ceux qui s’efforcent de subordonner les rapports entre Etats à la primauté de l’individu. Dès 1930, par exemple, invité à donner un cours à l’Académie de Droit International de La Haye, il refuse la prééminence de la nationalité sur le domicile car cela dissimule, dit-il, rien moins que la toute-puissance de l’Etat sur l’individu. Le seul régime démocratique serait, pour lui, celui qui assurerait en priorité la défense des droits de l’homme en tant que tel, qu’il soit originaire du pays où il vit ou qu’il soit étranger. « Personne, écrivait-il, personne ne nie le caractère élevé du lien d’allégeance politique constitué par la nationalité, mais on ne saurait cependant, continue-t-il, le spiritualiser au point de le comparer à un lien confessionnel », et il complète sa pensée : « le lien de la nationalité n’est pas un lien unique entre les membres d’une Nation, il y en a d’autres plus élémentaires, la maison, la commune ou la cité ».

Il suggérait ainsi que la souverainenté étatique ne fût plus sur terre la loi suprême, mais que l’individu fût reconnu comme un sujet de droit international. Imaginons, Mesdames et Messieurs, le courage et la lucidité qu’il fallait pour opposer ce principe moral et juridique aux déchaînements des mystiques nationalistes de l’Europe d’avant-guerre.
Cependant, la montée des fascismes et des systèmes totalitaires submergeait alors la plus grande partie de l’Europe. Face à l’organisation des bourreaux, il était nécessaire que les défenseurs de la paix fussent aussi bien pourvus.

René Cassin n’avait jamais été un inconditionnel de la négociation à n’importe quel prix. En 1933 lorsqu’à Genève le sieur Bernheim, juif de Haute-Silésie, fut appelé à comparaître devant le Conseil de la Société des Nations pour porter plainte, je cite : « contre les pratiques ordieuses et barbares des hitlériens à l’égard de leurs propres compatriotes réfractaires au régime », et que le ministre Goebbels se leva en pleine assemblée générale et dit : « Messieurs, charbonnier est maître chez soi. nous sommes un Etat souverain, tout ce qu’a dit cet individu ne vous regarde pas. Nous faisons ce que nous voulons de nos socialistes, de nos pacifistes et de nos juifs et nous n'avons à subir de contrôle ni de l'humanité, ni de la S.D.N. », René Cassin comprit alors que les fauves étaient à l'affût et qu'il était urgent de leur opposer autre chose que des projets de résolution.

Alors il sonne l'alarme. Inlassablement. Ceux qui taxent d'angélisme tout homme épris de paix, et de dangereux rêveurs les partisans du désarmement et des systèmes de sécurité collective, trouveront profit à ce rappeler que cet apôtre du Droit International prédisait en 1937 que la guerre serait mondiale, qu'il dénonçait l'illusion de Munich et qu'il refusa de remettre les pieds à la Société des Nations, proclamant en 1939 que la guerre qui venait d'éclater serait la croisade des droits de l'homme contre la coalition des Etats-léviathan.

Mesdames et Messieurs, un esprit de cette trempe n'est pas à la remorque de l'événement, il le devance. On ne s'étonnera donc pas de le voir, lui qui n'a pu capter le jour même l'appel du 18 juin 1940, prendre dès le 20 juin, de la Côte basque où il se trouve, la décision de rallier l'Angleterre et le Général de Gaulle. Il arrive à Londres le 28 au soir, et se présente dès le lendemain matin, à Saint Stephens, au Chef de la France Libre. On connait ce récit, cent fois rapporté, qui éclaire une page de notre histoire. Je le rappelle cependant. Au quartier général de la France Libre, les représentants des corps constitués ne se bousculaient pas ou pas encore. « « « « Général, dit il, j'arrive de Bordeaux directement pour répondre à votre appel du 18 juin que je ne connais que par ouï dire. Je suis juriste, professeur de droit, je suis aussi invalide d'Infanterie de la guerre 14/18. Jugez vous que mon concours puisse vous être utile ? » « Vous tombez à pic ! » répond Charles de Gaulle qui le charge aussitôt de rédiger le statut des Forces françaises libres. Un bureau une table de bois blanc, deux hommes face à face et ce dialogue devenu fameux. « Nous sommes bien, dit il, René Cassin, non une légion mais des alliés reconstituant l'armée française et visant à maintenir l'unité de la France ? » demande le Professeur. - « Nous sommes la France » répond le Général.

Membre du « Conseil de défense de l'empire », puis « Commissaire à la Justice et de l'Instruction Publique », du « Comité National Français », le premier en date des conseillers du Chef de la France libre fut l'un de ceux qui contribuèrent à maintenir dans l'épreuve la continuité et l'esprit de la République.

Devenu Chef du Gouvernement provisoire de la République française, le Général de Gaulle, en novembre 1944, nomme René Cassin à la tête du Conseil d'Etat. Sans cesser de faire face avec l'indépendance d'esprit et le sens de l'équité qui étaient les siens aux lourdes obligations de sa charge, le voilà de nouveau devant sa toile de Pénélope, la Protection Internationale des Droits de l'Homme.

René Cassin est présent en 1945 comme délégué de la France auprès de Léon Blum à la conférence des 44 pays qui décident la création de l'Unesco et de fixer son siège à Paris.

Il est présent en 1946 à Londres à la première Assemblée Générale des Nations unies et on le retrouve aux côtés de Mme Eleanor Roosvelt en 1947 à la première session plénière de la Commission des droits de l'homme. Sans elle, sans lui, la déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par les Nations Unies en 1848 ne serait pas ce qu'elle est : un décalogue du XXème siècle. ou encore, d'après ses propres mots, je cite : « le premier mouvement d'ordre éthique que l'humanité organisée eut jamais adopté. »

Elle n'est pas « inter gouvernementale » cette déclaration, elle n'est pas même « internationale » et seulement destinée aux ressortissants des Etats appartenant aux Nations Unies. C'est la marque de René Cassin : elle est « universelle » : destinée à tout homme, quel que soit son origine, sa race, sa confession ou le régime politique dont il relève.

Enoncer des droits n'équivaut pas à en garantir l'application. La déclaration est universelle mais non obligatoire. Il faut des échelons intermédiaires entre les individus objets de ces droits et la communauté des nations qui les a proclamés. Quel recours sinon, pour l'Homme opprimé, quel recours ? D'où l'idée de René Cassin que l'observance pour être effective doit être régionale, en regroupant les pays selon les affinités territoriales ou de civilisation. En aidant à la création de la Cour européenne des Droits de l'Homme puis à la signature de la convention européenne de sauvegarde, René Cassin a prêché l'exemple.

Nul ne peut sauter par dessus son temps, mais pour nous orienter dans le nôtre René Cassin nous offre la meilleure des boussoles. Le voeu moral d'hier est relayé par le fait technique d'aujourd'hui. En 1948, avant la décolonisation, ce que l'on appelle le Tiers monde n'avait pas pris corps et les images de l'horreur, de l'oppression ou de la faim n'étaient pas encore quasi instantanées et planétaires. A présent que la connaissance ou plutôt la vision des souffrances prend la vitesse des ondes hertziennes, et la mort des hommes les couleurs du vécu, comment s'étonner si le désir, le devoir d'intervenir, de secourir, de témoigner deviennent le fait non seulement des plus jeunes mais de tant et de tant des nôtres. Ce besoin d'assistance humanitaire traverse comme les images les frontières de l'idéologie, de la langue, de la censure et souvent des souverainetés étatiques. Parce qu'elle est celle de chaque homme, la souffrance relève de l'universel. Le droit des victimes à être secourus, dès lors qu'elles appellent au secours, et secourues par des volontaires qui se veulent professionnellement neutres, dans ce qu'on a appelé, il y a peu, le « devoir d'ingérence » humanitaire dans les situations d'extrême urgence, tout cela n'en doutons pas figurera un jour dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Tant il est vrai qu'aucun Etat ne peut être tenu pour le propriétaire des souffrances qu'il engendre ou qu'il abrite.

Le droit des gens n'a jamais trop de mécanismes et de garanties d'application. Mais comment passer du dire au faire, comment un pacte international peut il s'insérer dans l'ordre juridique interne des Etats ? Question toujours d'actualité. Y répondre demeure un souci permanent. Ce fut celui du Président Cassin. N'était il pas en effet étrange qu'en sa personne un Français présidât la Cour Européenne des Droits de l'Homme, chargée de veiller à l'application d'une convention que la France se refusait alors à ratifier ? C'était bien le moins que la France s'imposât à elle même les règles dont elle affirmait l'universalité. Le retard pris par notre pays fut heureusement comblé en 1973, lorsqu'à l'unanimité l'Assemblée Nationale adopta le projet de ratification de la convention européenne même si elle se fixait certaines limites, puisque l'on acceptait ni la saisine de la Cour pour avis par le comité des ministres, ni le recours individuel, prévus par l'article 25 de la convention. René Cassin éprouvait douloureusement cette absence. C'est seulement en 1981 que notre pays eut à honneur, en levant ses dernières réserves, de faire entrer dans les faits la révolution juridique qu'avait constitué en 1950 l'introduction du droit de recours individuel, pierre de touche de la protection des droits de la personne.

L'état de droit est un édifice fragile qui se construit pierre à pierre dans la foi et la persévérance. C'est seulement hier que la peine de mort a été abolie, hier que les juridictions d'exception civiles et militaires ont disparu de notre arsenal législatif ; que les droits des victimes comme ceux de la défense ont été consolidés. Je ne parlerai pas des libertés communales et départementales, des droits des travailleurs, des droits des immigrés, des garanties apportées à la liberté d'expression, des mesures contre la discrimination des femmes dans le travail. Tout ceci a été l'oeuvre du temps depuis que René Cassin s'est adressé non seulement à la France mais au monde pour en appeler à la raison des hommes.

Rappeler encore et toujours que ces droits ne sont jamais nulle part un acquis irréversible mais qu'ils sont un combat quotidien. La trop facile magie des références aux « droits de l'homme » ne saurait escamoter la dure leçon de choses que chaque époque nous administre à sa manière. René Cassin aimait à rappeler que « jamais la traite des nègres n'avait été aussi intense qu'au siècle des lumières ». Chacun sait que la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789, dont nous sommes justement fiers, n'a pas supprimé, ni atténué la loi de la honte que fut le « code noir », cette codification de l'esclavage au sein de l'empire français, promulguée par Louis XIV et qui ne sera abolie qu'en 1848 après une courte suspension de 8 années, entre 1794 et 1802.

« Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Certes, mais derrière le principe il y eut longtemps le travail des enfants, l'asservissement de la femme, la répression ouvrière, l'oppression coloniale, l'accaparement du savoir, des moyens de produire, le laissez-faire face à la faim dans le monde.

Cette énumération, Mesdames et Messieurs, je la tire de la pensée écrite ou parlée de René Cassin. On ne peut en cet instant solennel célébrer sa mémoire sans célébrer aussi les raisons de sa lutte et celles de ses espoirs.

Ténacité, intransigeance, modestie, ses vertus furent celles d'un homme libre fidèle à une certaine idée de la France et de la fraternité humaine. Ce « Fantassin des Droits de l'Homme » comme il aimait à s'appeler, a creusé dans son siècle un sillon que nul ne pourra sans péril laisser se refermer. Parce que cet homme n'appartient à personne, il mérite, exige l'hommage de tous. Ce ne sont pas seulement les juristes ou les diplomates, les anciens combattants, les juifs de France, les fidèles du Général de Gaulle ou les adeptes de Jaurès qui peuvent à travers lui se sentir aujourd'hui à l'honneur.

Je me tourne vers vous, Madame, dont j'imagine la grave émotion en cet instant, vous qui avez accompagné tant d'espoirs et aussi tant de peines. Je me tourne vers vous comme je me tourne vers ses amis, ceux de René Cassin, ses amis et ses familiers et je leur dis comme à tous les Français : c'est de la France tout entière, celle d'hier et celle de demain, que René Cassin a bien méritée.

François Mitterrand
Président de la République

 

15 octobre 1987
Par renecassin - Publié dans : Biographie
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Jeudi 12 mai 4 12 /05 /Mai 16:34

Next event René Cassin in London:

 

René Cassin and TJYE Human Rights in Tibet Evening with Yael Weisz-Rind

 

René Cassin and TJYE
Human Rights in Tibet Evening
 
with Yael Weisz-Rind
Chonpel Tsering and
Ivan Costantino
 
Thursday, June 2 @ 6.00 pm

 

René Cassin and the Tibetan Jewish Youth Exchange (TJYE) invite you to attend our human rights in Tibet evening with expert panellists: Yael Weisz-Rind, Chonpel Tsering and Ivan Costantino
 
Date:
Thursday, June 2
 
Location:
TheTrace Group, 224 - 232 St. John Street, London, EC1V 4QR
 
Timing:
Registration & Coffee:  6.00 - 6.30 pm
Panel + Q & A: 6.30 - 7.00 pm
followed by refreshments
 
Cost:
£15 per person
Free for AEP participants and alumni
 
RSVP:
To book, please purchase your tickets online and send an email to simone.abel@renecassin.org confirming your payment.

Par renecassin - Publié dans : Events
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Mardi 19 avril 2 19 /04 /Avr 16:03

 

 

 

René Cassin est né le 5 octobre 1887 à Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques. Son père était négociant en vins.

Il fait de brillantes études au lycée Masséna à Nice avant d'entrer à la faculté de droit à Aix-en-Provence.

En 1906 il effectue son service militaire comme simple soldat puis reprend ses études. Licencié ès-Lettres, il remporte également le premier prix au concours général des facultés de droit.

En 1914, il est Docteur ès sciences juridiques, économiques et politiques lorsqu'il est mobilisé, avec le grade de caporal-chef.

A la tête d'un corps-franc, il est grièvement blessé par balles de mitrailleuse le 12 octobre 1914 à Saint-Mihiel et est soigné à Antibes. Il reçoit la croix de guerre avec palme et la médaille militaire.


René Cassin

Réformé, René Cassin est renvoyé à la vie civile ; il enseigne à la Faculté d'Aix-en-Provence et à Marseille puis participe dès 1917 à la création de l'une des toutes premières associations départementales de victimes de guerre.

Agrégé de droit en 1919, René Cassin est, à partir de 1922, président de l'Union fédérale des Mutilés et Veuves de Guerre ; professeur à la faculté de Lille, il rédige et fait voter des lois en faveur de l'emploi des victimes de guerre et se dépense sans compter dans ses différentes activités.

En 1924, et jusqu'en 1938, le professeur René Cassin devient membre de la délégation française à la Société des Nations et lutte dans tous les domaines pour la Paix.

En 1929, il est nommé professeur de droit à la faculté de Paris et devient vice-président du Conseil supérieur des Pupilles de la Nation. En 1930, après un voyage au Moyen-Orient où il rencontre, en Palestine, de nombreux Juifs allemands, il mène, dès son retour, une active campagne contre le nazisme. La même année, il obtient le vote de la loi sur la retraite du combattant.

A la fin des années trente, il dénonce dans plusieurs discours le danger que représente le IIIe Reich pour l'Europe et le Monde.

A la déclaration de guerre, René Cassin est nommé à la direction de la documentation au Commissariat à l'Information et, au moment de la débâcle, il pressent la liquidation du régime républicain. Refusant l'idée de l'armistice, il décide, dès le 17 juin, de rejoindre l'Angleterre et embarque avec son épouse, le 24 juin à Saint-Jean-de-Luz, sur un bateau britannique de transport de troupes, l'Ettrick, à destination de Plymouth.

Le 29 juin, il se présente à Saint Stephens House et le général de Gaulle lui confie la mission de rédiger un accord avec le gouvernement britannique, maintenant le caractère purement français de l'armée de la France Libre, Charte signée le 7 août 1940 entre Winston Churchill et Charles de Gaulle.

Responsable du service juridique de la France Libre, membre du Conseil de défense de l'Empire à sa création en octobre 1940, René Cassin est le rédacteur des statuts de l'Ordre de la Libération créé par l'ordonnance n° 7 du 17 novembre 1940.

René Cassin, qui multipliera pendant la guerre les interventions à la radio de Londres et les articles dans la presse française libre, est nommé Commissaire à la Justice et à l'Instruction publique du Comité national français en septembre 1941. Il entame, fin 1941, une tournée de trois mois au Proche-Orient et en AEF.

A partir de 1942, il préside l'Alliance israélite universelle (AIU).

Il prend, à sa création en août 1943, la présidence du Comité juridique de la France combattante (qui fait office de Conseil d'Etat) fonction qu'il conserve au sein du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) avant de devenir à la libération, vice-président du Conseil d'Etat (jusqu'en 1961) puis Président honoraire.

Il siège également à l'Assemblée consultative d'Alger dès novembre 1943.

Entre 1942 et 1944, René Cassin est le représentant de la France au Comité des Ministres Alliés de l'Education et, de 1943 à 1945, représentant français à la commission d'enquête sur les crimes de guerre.

A partir de 1946, il préside pendant seize ans le Conseil d'administration de l'Ecole nationale d'Administration (ENA), faisant constamment valoir dans ces fonctions les principes exigeants qui sont les siens dans le service de la Nation.

En 1946, il fait partie du petit groupe international, présidé par Eleonor Roosevelt, qui a la charge de rédiger la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, votée à Paris, le 10 décembre 1948, par l'Assemblée générale des Nations-unies.

En 1958 il préside le comité consultatif provisoire chargé de préparer la Constitution de la Ve République et reçoit, à l'Elysée, le serment du général de Gaulle, Président de la République en janvier 1959.

En juin 1960, le professeur Cassin est nommé au Conseil constitutionnel dont il sera membre jusqu'en février 1971.

Vice-président (1959) puis Président (1965-1968) de la Cour européenne des Droits de l'Homme, René Cassin reçoit en octobre 1968 le Prix Nobel de la Paix.

Membre de l'Institut depuis 1947, Président de l'Académie des Sciences morales et politiques, Docteur honoris causa des universités d'Oxford, de Londres, de Mayence et de Jérusalem, il fonde en 1969, à Strasbourg, l'Institut international des Droits de l'Homme.

Il est membre, en juin 1972, du Conseil de l'Ordre de la Libération.

 

Source:http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/183.html



René Cassin est décédé le 20 février 1976 à l'Hôpital de la Salpetrière à Paris. Ses obsèques ont été célébrées à la Chancellerie de l'Ordre de la Libération. En 1987, son corps est transféré au Panthéon.

 

 

 


• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 1er août 1941
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 14/18 avec palme
• Médaille de la Résistance avec rosette
• Commandeur des Palmes Académiques

Par renecassin - Publié dans : Biographie
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Mardi 19 avril 2 19 /04 /Avr 13:30

The Fight for Human Rights

Rene Cassin

It was the fundamental aim of Hitlerism to stamp out the Jews, but their destruction was also part of an attack on all that the French Revolution stood for: Liberty, Equality, Fraternity and Human Rights. Hitler's racialism was essentially an attempt to destroy the principles of the French Revolution.

It was under the inspiration of the Rights of Man that the Jews of the 19th century, in their several countries, began their fight for freedom. There is, then, a direct link between the problems of Human Rights and the destruction of the fruits of Hitlerism.

It is vitally important for Jews to defend Human Rights in general since just as their emancipation only began at all in the 19th century, because there was first a Declaration of Human Rights, made in France in 1789, so at the present time, if Jews do not support Human Rights for all men, they themselves have no chance of escaping fresh persecution in the future. The solidarity which exists between the Jews and the rest of the oppressed, or simply under-privileged, world is plain to see. We know that building for the future is a very difficult thing to do; we cannot hope to complete the work in one generation; all the more reason to begin at once. And we must of course work hardest at education. In order to reform attitudes of mind we must train educationalists who will themselves have a new mentality. In every country where Jews are scattered, they must concentrate on the idea that education is the key to the future.

Of course, education is only one thing, and we must remember that the developing countries need aid; technical, financial and economic cooperation is vitally necessary to them. It is idle to talk about Human Rights to people who have nothing to eat and, conversely, the well-fed but ill-educated and the ignorant cannot hope to have any conception of what "Human Rights" means.

I would like to consider defence of Human Rights from a legal point of view. This is not by any means the most important aspect; educational and technical aid come first, as we have seen. But the legal side is enormously important, though it cannot show results overnight. We are proud and rather appalled by the discoveries of science; we are watching the world changing at an unprecedented pace. Hitler was well aware of this when he suppressed Human Rights while using scientific research to murder more efficiently. But we acknowledge that social evolution cannot keep abreast of scientific discovery; societies progress slowly, and I would even go so far as to say that part of the process of world evolution is hindering our own efforts.

For example, one of the great stumbling-blocks in the way of Human Rights is the question of national sovereignty. I was at the League of Nations in 1933 for the Bernheim case. Bernheim, a jew, had been the victim of a violation of the Treaty of Upper Silesia. How did Germany, how did Hitler and Goebbels justify this? Germany's defence was "Every man is master in his own house. You have no business to inquire what we do with our socialist, our pacifists or our Jews. You have no right to pry into our affairs. This is a sovereign State."

That was the situation which led to the second World War. The same is true today: The Great Powers are still saying "Every man is master in his own house. You have no right to know what I am doing with my own citizens." You can see how difficult it is to uproot a principle which derives undeniably from practical reality, since the independence of States is in itself a desirable thing, something people will fight for. The right of nations to govern themselves is accepted as the natural order of things. Why should we fear that any country protects its interests too vigorously? Our anxiety is justified in that there comes a moment when the State says: for the purpose of my development, I propose to set my own rules, as I think fit, and if I destroy men in the process, that is no concern of yours.

But it is very much our concern. World progress cannot be built on the ashes of human suffering. That is the aim of Human Rights. We must acknowledge at this point that resistance to an international system of controls is very strong. It is evident everywhere in all kinds of matters.

We must not lose heart because of this, and I venture to suggest that we ought in each case to proceed in two stages: first, through the United Nations Charter, which grants the UN certain rights--the inspection rights of the Human Rights Commission. We have the Universal Declaration and the specialised institutions, like the International Labour Organisation and UNESCO which have the rights to supervise the implementation of agreements which concern them. This is one possible channel, whose purpose is to prompt States to take action. In general they accept it and I can say as a senior member of the Human Rights Commission, that they do so, for example, in the matter of periodic relations between states. Originally when we attempted to introduce it, States objected that it was in violation of their rights to independence, but they came to accept it.

Methods based on consultation, lobbying and persuasion, will succeed up to a point. Can we go a step further and employ censure? I believe we shall take that step. First, there is the regional approach. In Europe, the 17 States which signed the Treaty of Rome authorised the enactment of certain of the principles of the Universal Declaration as articles of the Treaty, and by means of successive agreements they are adding to their number. For all rights recognised in the Treaty, they have agreed to a form of European control over the manner in which the agreements are administered. In the first instance, they will only hear complaints brought by States, but out of 17 signatory States there are already 11 who have given their consent to jurisdiction by the European Commission over complaints brought by private persons or non-governmental organisations. Out of 2,500 petitions (complaints) received and judged by the Human Rights Commission, there were only three such petitions, all the rest came from individuals. The great majority were declared inadmissible, but eventually 30 or so were declared admissible. Out of these 30 some went to the Committee of Ministers, and there were even a number which went forward to the European Court. This is an example of how States sharing a common civilisation and a common geographical location or economic cohesion can achieve real unanimity of a kind allowing of public confidence in international jurisdiction.

We ought now to think of applying the European system to Latin America. Until now there have been difficulties because it was hoped to cover the whole of America—North and South. I am, however, of the opinion that an agreement will be achieved, at any rate as far as Latin America is concerned. We may expect that one day Eastern Europe and South-East Asia will have their treaties. This would give us a number of satisfactory regional systems. There are nevertheless still formidable difficulties and we must not think that the regional system is the perfect answer. Since Human Rights are universal, there must be a corresponding universal sanction; we cannot talk about European Human Rights, American Human Rights, etc. That would be to divide humanity and there would consequently be no Universal Human Rights. We can counter this danger by improving our inspection methods concerning the administration of international treaties.

Now we come to the question of the agreement on the elimination of racial discrimination, which is a question for the World Jewish Congress, first and foremost, together with the agreement now in preparation on the elimination of discrimination on religious grounds. Some States, who have always been opposed to the idea of a Commission of Experts, nevertheless voted affirmatively when the issue was racial discrimination. The Agreement, voted in 1965 by the UN, accepted a committee of experts and even a system of optional petitions which, although very tentative, does testify to some progress and to the fact that the methods followed by the International Labour Organisation, in my view the most effective, are beginning to gain ground.

At UNESCO, in working out the agreement on discrimination in education, we succeeded in appointing a committee empowered to conciliate, to intervene and check facts, which has not so far acted. The agreement is a comparatively new one, but the machinery is there.

We must not despair, but, on the contrary, call on all our reserves of courage, patience and tenacity. It took 2,000 years for the State of Israel to be reborn; far less time will be necessary before the Declaration of Human Rights, national at the beginning of the 19th century, international in the mid-2Oth century, is at last effectively put into operation and becomes a reality. It would be a splendid thing if the Jews, after having suffered more massacres, persecutions and misery than any other race, were the first to go to the aid of oppressed people of every race, country and social class, to restore to them the dignity of men enjoying the protection of the law.


"The Fight for Human Rights" was published by "World" in January 1969.

Par renecassin - Publié dans : Son héritage
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Mardi 19 avril 2 19 /04 /Avr 13:28

Speech to the Decalogue Lawyers Society

Rene Cassin

Mr. President,

May I first convey to you and to the members of the Decalogue Lawyers Society my gratitude for your kind invitation which was relayed to me in Paris by my friend Wourgast of the World Federation of War Veterans.

You are doing me a great honor be conferring on me the 1970 annual award – the highest distinction of your Society. This is my first visit to Chicago, but I could not resist your gracious invitation and am therefore here in person to accept the Decalogue Award - this valued testimony to the most ancient code of social morality, established and accepted through the remotest ages of our cultural consciousness and still as timely today as in the past.

My friends and comrades in the struggle for the rights of man, - humanity, though fragmented into tribes and other social groups at first and later formed into nations and empires, was conscious from its darkest and earliest beginnings of a brotherhood founded on religious and moral concepts rather than on material and economic interests.

The Decalogue is one of the earliest formally recorded expressions of this community of principles. It was formulated, however as a series of imperative precepts: "Ye shall be holy, for I the Lord your God am holy. Honor thy father and thy mother. Keep the sabbath day." Or else in the form of interdictions: "Thou shalt not steal, thou shalt not kill, thou shalt not take the name of the Lord in vain." But never was it meant to appear as a proclamation of human rights or prerogatives.

For thousands of years the religious organization of society made itself felt as an authoritarian concept – even when altruistic precepts were involved: The Bible reads "thou shalt love thy neighbor as thyself."

It was not until much later, under the profound influence of moralists and political philosophers, that the concept of limited power came into existence together with the notion of the unconquerable dignity of Man. Through the ages, an unwritten code of law granted the individual in his endless struggle against the authority in power and in his dealings with his peers, certain natural and inalienable rights which slowly and gradually came to be formulated and confirmed.

Not until the Renaissance do we find acceptance of concepts of freedom of thought, opinion and intellectual creation. And we must await the 17th and 18th centuries to have the individual attain certain well-defined legal and political rights and prerogatives in his dealings with the state. The affirmation of personal freedom as well as the principle of equal rights for all men were later to be confirmed and proclaimed under the French Revolution and in your American Bill of Rights.

For centuries Christianity lived with the reality of slavery, permitting inequities that haunt us until this very day. And women too were long excluded from legal equality with men.

With recent scientific discoveries the whole structure of our social and political lives has changed. With increased and accelerated means of communication and travel, a new era has opened up before us, permitting, as never before the free exchange of people and goods and ideas. We must consider also that the tragic suffering visited on whole continents and the peoples of the entire world on a scale never dreamed of before, created a manner of solidarity for good and for evil – a common responsibility for the barbarous acts committed, a solidarity also of all men of good will in the face of such crimes and united in a common desire to put an end to such acts of violence and destruction.

The universal Declaration adopted by the United Nations in 1948 represents the written protest and an affirmation of human protest and an affirmation of human consciousness. It formulates man’s urgent desire to emerge from the holocaust. It is the voice of millions of human beings, victims of oppression, misery and ignorance, who aspire to live under conditions of greater justice, freedom and simple dignity.

It so happens that this Declaration of the Rights of the Man coincided, or almost, with man’s mastery of nuclear power and of outer space. In other words, with humanity’s cry for delivery from human bondage and its increased power over the forces of nature we cannot help but see the emergence of a new consciousness, an important stage of human evolution.

Actually, man’s new and fuller power over the forces of nature, brings with it the responsibility to use this new strength more wisely than in the past. And with the continuing increase in population comes the added concern to allot to all members of the human race the fundamental rights to which they are entitled. At the same time, these rights imply a new sense of the family, the social group, the nation, the continents and, in the final analysis, the globe on which our closer knit human society must learn to live together.

It is in the light of these facts that we must consider the problem of the rights of man in our contemporary age.

Today, environmental influences exert such powerful pressures on all our lives that equally powerful safeguards are essential to protect the individual morally and materially from the onslaught of goods and ideas with which he is overwhelmed. Economic, social and cultural rights – and more especially in the fields of labor and education – must be enforced as strictly as those pertaining to our legal and political rights and freedoms. Even in the realm of religious thought and practice, vital changes have taken place. Whereas in former times religion was solely concerned with the spiritual salvation of humanity, today, its role has immeasurably increased so that it now holds itself responsible for preventing injustice, violence and all the ills capable of weakening the texture of our social fabric and engulfing all those human rights and prerogatives which we now consider essential to the dignity of Man.

Let us clearly understand that the very structure and stratification of society has shifted and disintegrated to a large extent. While the state does still preserve onto itself those basic prerogatives that enable it to enforce the minimum essentials of orderly and disciplined collective existence. However, while the overall attributes of the State have in fact immeasurably increased in our world today, it no longer wields sovereign power or rights over those it governs. Today, nations are no longer the sole members of a universal society, nor are they alone subject to international law. In our time, all human beings are members in good standing of this society. It therefore becomes essential that nations submit and subordinate themselves to a superior law in such a way that the entire human society be allowed to exert its influence towards peace and against oppression in all its forms, against nameless violence such as GENOCIDE – that is to say the save destruction of entire groups and segments of our society.

Dear comrades in the struggle for the right and the rights of man, we all know that the progress realized in this direction is extremely arduous and slow because it is impeded by prejudice deeply rooted for hundreds if not thousands of years.

The Universal Declaration for the Rights of Man was prepared and voted by the United Nations over a period of 18 months. The drafting of the general agreements governing the United Nations Charter were promised to the peoples of the world during the recent world conflict, that is to say some 18 years ago. In fact, these agreements among nations have not been put into effect since 1966 because they were not properly ratified by various member nations.

No one can possibly hope that the mere ratification of these agreements would suffice to enforce the essential rights of Man. Surely, many other considerations of a moral, economic and legal nature would first need to be fulfilled. And as long as these prerequisites have not been met, the United Nations Charter will remain an illusion, an empty shell.

As a generation that has witnessed two world wars and other bloody conflicts, we surely cannot afford to fail in our struggle for human rights. We are depending also on the youth of today to pursue the task that we have undertaken at the cost of such heavy sacrifice. As for me, I am ready to fight on to the end at the side of men of good will, for truly we cannot stop now.

With funds derived from the Nobel Prize, we have recently established in Strasbourg, France, a World Institute for the Rights of Man. The role of his institution will be to educate young people of all nations and infuse them with the knowledge and desire to defend the fundamental human rights.

In view of the great importance of this undertaking and all that is here at stake, I invite each and every one of you to join with us in thus endeavor – each at his level and rank in our society and according to his means.

Let us fervently hope that the scientific and material progress of our age will serve to reduce the sum total of injustice and of violence still abroad in the world and lead us on to new heights of achievement and the true freedom of all men!


The above speech was given on March 7, 1970 by Rene Cassin at the Decalogue Lawyers Society annual dinner, which honors the winner of the society's highest distinction--the Decalogue Award.

Par renecassin
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